samedi 12 août 2017

ATEC-TROYES : Domenico MASTROIANNI Maître de la Sculptographie

Domenico MASTROIANNI
Maître de la Sculptographie


Il a énormément travaillé dans ce qu’il est convenu d’appeler la sculpture éphémère.
En effet, ses œuvres ne sont plus visibles que sur les séries de photos qui en ont été réalisés, ainsi que sur les séries de cartes postales publiées par Armand Noyer, éditeur Parisien de renom. D. Mastroianni détruisait ses sculptures après photographies et réutilisait la terre à modeler pour les suivantes.
La méthode de Domenico Mastroianni peut paraître simple de premier abord. En réalité l’artiste se trouve face à plusieurs difficultés. La matière étant de la simple terre glaise, la couleur de celle-ci n’est pas simple à photographier. Les scènes misent en œuvres ne seront vues que de face, point délicat par rapport à une sculpture traditionnelle en trois dimensions. D. Mastroianni sculpta également des séries consacrées à l'épopée napoléonienne, à l'Ancien Testament etc. On estime à 600 le nombre de ses œuvres ... toutes disparues.
D'après Roger Boivin





Domenico Mastroianni naît à Arpino (Italie), rue dell’Arco, n° 35, le 1er janvier 1876, de Pietro Mastroianni et d’Angela Redivivo.

En 1903, il épouse à Rome Adèle Durante ; ils partent cette même année pour la France, où naissent leurs deux enfants : Alberto, à Montrouge (1904) et Adriana à Paris (1906).
Domenico n’avait reçu qu’une instruction sommaire, loin de la moindre approche de l’art, si ce n’est celle du travail du bois dans l’atelier de son père.
Ses premiers contacts avec l’argile, et donc avec le modelage, se firent dans l’atelier de céramique et dans celui de poterie d’Arpino encore actifs à la fin des années 1800
Il aboutit dans une famille connue de la haute bourgeoisie industrielle de la ville : les Quadrini, collectionneurs et critiques d’art. Don Carlo Quadrini l’emmène avec lui à Rome où il vécut tout près du palais de son protecteur situé Via du Babbuino.
Travaillant toujours en autodidacte, Domenico étonne les amateurs de sculpture par son incroyable capacité à modeler n’importe quel matériau : du marbre au bois, à l’argile à la plasticine, à la cire et au plâtre.
Très jeune, il se lança à l’aventure et vécut en véritable bohème, demeurant à Paris pendant douze ans, ville dont il affirmait qu’elle lui avait donné sa vraie formation.
Toujours dans cette ville, il rencontre les artistes les plus représentatifs de la fin du siècle : les impressionnistes Degas, Renoir, Pissarro et Manet ; il se laisse fasciner par la découverte de l’Art Nouveau.
En Italie, cependant, il est considéré comme frôlant la limite du bon goût. Il est souvent marginalisé en raison de ses modestes origines culturelles.
Sa fantasie et son génie naturel, sa grande habileté qui trouve surtout son origine dans son génie artistique, le conduisent à créer une forme de production sculpturale très originale dans l’illustration de la vie des personnages historiques, littéraires et religieux les plus célèbres.
La particularité de ce travail consiste dans un modelage sur des planchettes de bois de 50x70, réalisant avec une rapidité et une habileté surprenantes des scènes typiques de la vie propres au sujet traité : scènes de l’Ancien Testament, de la vie de Napoléon, ou scènes de la vie de Jésus, de St Jean Bosco, de Ste Catherine de Sienne et scènes aussi de la vie de Sainte Madeleine Sophie Barat.
Les bas-reliefs ainsi réalisés étaient ensuite photographiés puis aussitôt détruits, l’argile étant à nouveau retravaillée pour servir aux prochaines créations.
En raison de ce type de technique, les critiques ont défini Domenico Mastroianni comme un « sculptographe » !
Il vendait ses images reproduites sous la forme de cartes à très grand tirage présentées dans de jolis coffrets.
A cette époque, la photographie trouvait sa juste place pour s’affirmer comme un langage nouveau et moderne, grâce aux combats engagés par Daguerre et le très populaire Nadar.
Domenico Mastroianni prouve combien il a parfaitement compris les pouvoirs incroyables de ce nouveau moyen d’expression et il en fait un bon usage, non seulement du point de vue technique, mais aussi sur le plan artistique, comme le démontre l’usage de la lumière qu’il perfectionna merveilleusement pour faire ressortir la profondeur des personnages de ses bas-reliefs.
Il produisit ainsi des milliers de photosculptures ou, comme on les appelait en France, de sculptogravures. Grâce à elles, nous possédons une documentation complète de son incroyable productivité  quant à l’art plastique.
En 1913 il revient à Arpino où il ouvre son propre atelier dans le château Ladislao.
Là s’ouvre pour l’artiste une période de grandes difficultés en raison de la situation économique italienne et de l’éclatement de la première guerre mondiale.
Il faudra attendre l’Après-Guerre pour voir réalisées les oeuvres que nous admirons aujourd’hui : le Monument aux morts d’ Arpino, dont on a conservé un croquis, la merveilleuse Victoire de Carnello et le Monument aux morts de Casalvieri, oeuvre qui a été fondue pour procurer du bronze à la Patrie!
Le retour à Rome était inévitable pour un artiste qui, évidemment, ne trouvait aucun débouché en province. Il y revient avec toute sa famille vers les années 1920, et il ouvre un atelier très fréquenté au 51 de la Via Margutta, Rue des Artistes.
L’atelier passera aussi à son fils Alberto. Aujourd’hui encore, sur la porte d’entrée, on conserve l’enseigne : Alberto Mastroianni.
Domenico travaillera encore pour le Quirinale, et recevra du Roi Vittorio Emanuele III la  nomination de Chevalier de la Couronne.
A Rome, il continue de travailler avec ardeur à ses photosculptures et il réalise un grand nombre d’œuvres pour des églises et des palais de l’aristocratie. En Italie, la plus grande partie de ses œuvres est publiée par l’éditeur A. Traldi, Milano.
Ses cartes se présentent en petit format jusqu’en 1931 ; après cette date, elles se rapprochent du format standard.
Domenico Mastroianni procède à un grand nombre d’expositions dans toute l’Italie : à Gênes chez la « Valletta Venchi » en 1951, à la Marguttina à Rome la même année, à Palermo en 1952 et à Viterbo, dans le Palais Santoro.
Sa dernière production s’attache à la réalisation de magnifiques chevaux, à celle de personnages tirés des “Promessi Sposi” du Manzoni, et sporadiquement à la peinture.
Domenico devient le maître d’Umberto Mastroianni, son petit-fils, qui deviendra sculpteur d’une renommée internationale.
Domenico Mastroianni mourut en 1962. Il conserva toujours son caractère simple, travaillant jusqu’à son dernier jour, lié à sa terre et à  ses gens à qui il a dédié toutes ses œuvres et toutes ses fatigues.

Domenico MASTROIANNI constitue un cas unique dans l’histoire de la création cartophile.
    En effet si de nombreux photographes et illustrateurs nous ont laissé des œuvres d’une grande richesse artistique à l’aide des techniques les plus conventionnelles : dessins, peintures, photographies, en revanche Domenico MASTROIANNI est certainement le seul à avoir utilisé avec un talent inégalé, ce que l’on pourrait appeler : « la sculpture éphémère ».


 1 - Le mode opératoire :
Nous qualifions cette sculpture « d’éphémère » car réalisée en simple terre à modeler, elle semble uniquement conçue dans le but unique d’être photographiée. Les clichés ainsi obtenus servaient à réaliser des cartes postales.
    On comprend immédiatement les difficultés techniques qui s’imposent à l’artiste, contraint dans une matière de couleur marron pâle à créer des personnages mis en scène et destinés à n’être vus que de face, à l’inverse des sculptures conventionnelles pouvant être observées sous des angles différents.
    Par la finesse et la précision de son travail, par la justesse des proportions, par son sens de la perspective et de la restitution de la réalité de la vie qui semble animer ses personnages, par le choix des sujets représentés qui démontre une attirance pour l’épopée et le lyrisme, par sa diversité d’inspiration qui va du plus profane au plus sacré, Domenico MASTROIANNI se révèle être un créateur exceptionnel.
    Les cartes postales ainsi obtenues sont apparemment les seules traces qui nous restent d’une œuvre que l’on peut qualifier de gigantesque.
    Il est particulièrement surprenant que de cet immense travail (au moins 600 œuvres originales) aucune d’entre elles n’ait refait surface. Soit sur le marché de l’art, soit dans les ventes publiques, soit comme étant signalée dans des collections privées, soit même dans des Musées, et ce n’est pas là le moindre paradoxe !
    A moins d’admettre une fois pour toutes que Domenico MASTROIANNI détruisait ses œuvres après les avoir photographiées, et réutilisait la matière pour sa création suivante.
    Son neveu Umberto MASTROIANNI, lui-même sculpteur de réputation internationale disait au sujet de son oncle Domenico : «  Il était exigeant, pointilleux, plein d’imagination, un illustrateur « tridimensionnel », familier de la gloire, un virtuose et un grand travailleur ».

  2 - L’artiste :
 Domenico MASTROIANNI est né en 1876 à ARPINO (Italie).
    Il a effectué une carrière artistique internationale. On trouve des traces de son passage à BERLIN et à VIENNE. Mais c’est surtout à PARIS qu’il connaît la consécration.
    En 1905, il expose au Grand Palais à PARIS une œuvre intitulée « ALGER TOULON AUTOMOBILE ». Il figure au catalogue et donne comme adresse le 33 rue BAYEN à PARIS (17ème Arrdt).
    Le fait d’être remarqué par un grand professionnel de l’édition de cartes postales : Armand NOYER 37 Boulevard de Strasbourg à PARIS, va être déterminant pour la suite de sa production. Armand NOYER ne s’est pas trompé en commandant à l’artiste une carte publicitaire emblématique de sa production. On y découvre à l’arrière plan un appareil de prises de vues et une sculpture prête à être photographiée.
    L’éditeur à également compris que le symbolisme des messages véhiculés à travers les œuvres de Domenico MASTROIANNI sont immédiatement perceptibles par tous. C’est pourquoi les scènes de  « bonne année » ou de « joyeux Noël » connaîtront  dès le départ des éditions trilingues ! A.NOYER voit loin et il voit grand.  
    De son côté Domenico MASTROIANNI travaille sans relâche : La création du Monde, L’ancien Testament, la vie du Christ, l’épopée Napoléonienne, Le Centenaire de Victor HUGO, le Baptême de l’Infant d’Espagne, auxquels s’ajoutent de nombreuses cartes de vœux.
    Pour une raison inconnue Domenico MASTROIANNI, quitte PARIS et va s’installer à ROME où il ouvre un atelier dans la rue  MARGUTTA qui était à cette époque la rue des artistes.
    En Italie il poursuit sa production de longues séries de cartes postales : La Divine Comédie, et de très nombreuses cartes pour l’éditeur TRALDI à MILAN, La Vie de DON BOSCO pour les éditions SALESANA à ROME.
    Le Roi Victor-Emmanuel III le nomme Chevalier de la Couronne d’Italie.
    Sa dernière grande œuvre sera l’illustration en 46 sujets, de l’œuvre célèbre « I PROMESSI SPOSI » (Les Fiancés) fondue en bronze et acquise par le  Musée Historique de la ville de LECCO.
    Domenico MASTROIANNI décède en 1962.
    Il existe une Fondation MASTROIANNI à ARPINO qui s’est fixé pour but de regrouper les œuvres de cette famille d’artistes.

 3 - Le mystère  MASTROIANNI :
     Selon Monsieur KOILSKI qui a répertorié la production cartophile de l’artiste, il existe un mystère MASTROIANNI : Pourquoi a-t-il quitté PARIS en pleine gloire et surtout pourquoi ne trouve-t-on aucune trace des mémoires et des archives qui lui étaient consacrées ?
    En effet on peut s’étonner qu’un tel artiste n’ait pas donné lieu à davantage de témoignages sur son œuvre.
    Faut-il y voir un commencement d’explication dans le fait que sa production largement inspirée des récits bibliques était en contradiction avec les mouvements anticléricaux très puissants en France à cette époque ?
    Ou bien plus simplement lorsque les éditeurs de MASTROIANNI se sont avisés de « coloriser » ses sculptures (pour tenter de rivaliser avec les autres productions aux couleurs rutilantes), le public pas dupe du stratagème s’est-il détourné de ces cartes qui ne gagnaient rien à être colorisées ?
    Jusqu’à ce jour nous n’avons pas de réponse.
    Seules nous restent de très nombreuses cartes postales, témoignant d’un style parfaitement maîtrisé et qui continueront à faire rêver bien des générations.
 D’après Christian DEFLANDRE, merci à lui !
Animateur du Musée de la Carte Postale
www.museedelacartepostale.fr

Voir aussi : http://aviation.maisons-champagne.com/dir.php?centre=03-artiste-mastroianni&menu=galerie
  

vendredi 11 août 2017

ATEC-TROYES : Verrière à protéger dans l’immeuble de la Fnac

Selon l'article de presse de l'EST-ECLAIR du 9 août 2017,
un réaménagent du magasin devrait intervenir prochainement.
Il serait bon de porter attention à la verrière du rez de chaussée de la galerie.

n° 450, février 1994, article des fondateurs de l'ATEC

La verrière à conserver et à protéger
Elle faisait partie du décor de l'agencement de la Maison des Magasins Réunis édifiée de 1894 à 1897. Elle fut mise en place au rez de chaussée pour l'agencement du Magasin du Printemps après 1989, date de fermeture des Magasins Réunis de Troyes.

dimanche 6 août 2017

Série des CPA dessinées par Charles MAREY - Arsonval

Au plaisir de la découverte !
Trois nouvelles cartes viennent enrichir la série signée Charles MAREY. 
Nous en avons donc recensé 12. 
Je vous rappelle l'origine de notre recherche à propos de la présence des soldats américains en 1918-19 dans les villages autour de Bar sur Aube, important centre d'entrainement des troupes avant l'assaut final sur l'armée allemande, Baccarat Vosges, Champagne, Saillant de St-Mihiel. Les communes de Jaucourt et Arsonval ont reçu les "Sammies". Nos cartes postales en témoignent !

Jaucourt et Arsonval sont deux villages paisibles établis de chaque côté de la rivière Aube. Arsonval est traversée par la N19.
Seul un pont les relie. Ce pont a été emporté par la crue de 1910. Cet événement à fait l'objet d'une série de huit cartes postales photographiques, un véritable reportage vivant de la catastrophe. Nous la ferons bientôt paraître dans ce blog ATEC.



La série de Charles MAREY : Après JAUCOURT et ses 9 cartes, en voici 3 sur la commune d'ARSONVAL que juste la rivière Aube sépare de JAUCOURT.

Cartes postales sur lesquelles on retrouve des soldats américains, comme sur celle de Jaucourt.
Certainement que l'armée US a aussi manœuvrée sur le finage de la commune.

Bien dommage que celle-ci soit caviardée !
Si vous la possédez ou d'autres, merci de nous envoyez un scan. 

Nous en ferons profiter tout le monde.
LE GRENIER A SEL :

          Face à la boulangerie d'Arsonval est une ancienne maison flanquée d'une tour. Les murs de l'habitation ont 80 cm d'épaisseur. Le toit était autrefois un chaperon cônique. Vers 1920, le propriétaire de l'époque fut contraint de procéder à des réparations et des restaurations. Ce toit pittoresque fut sacrifié pour être remplacé par un toit de forme aplatie. Des cartes postales de l'époque (vers 1912 environ) montraient le bâtiment primitif. La tour possède une très belle cave voûtée. La légende dit que cette tour était un ancien grenier à sel du temps de la "Gabelle" (ancien impôt sur le sel). Il est difficile de fournir une certitude à ce sujet. D'abord, la dénomination Grenier à Sel consacrée par l'usage local se rapporte à un ancien magasin à sel, sans pour autant confondre la tour d'Arsonval avec l'office de juridiction de la Gabelle.

          On désignait Grenier à Sel le lieu clos où l'on faisait sécher le sel avant de le vendre. Le même nom désignait une juridiction de 1342 au sujet des contestations concernant la Gabelle. Des archives locales font mention du bureau du sel et tabac à Arsonval, tenu en 1788 par Jean Astruc puis Mutinot. Sur la façade de la tour, on lisait autrefois la date de 1642. D'autre part, le propriétaire de l'époque (1920) se souvenait avoir trouvé des bulletins à demi-rongés par les rats. Ces bulletins étaient des feuilles de transport de sel, des genres de laisser-passer actuels. Maintenant, il paraissait peu vraisemblable que la cave de la tour ait servi à emmagasiner su sel, le risque d'humidité étant nuisible à la conservation de ce produit. Le grenier à sel d'Arsonval reste donc une énigme.
Source : J-C DARSONVAL https://sites.google.com/site/darsonvalleon/



ATEC-TROYES : visite à JAUCOURT (Aube) du général PERSHING

Le Général PERSHING visite JAUCOURT
Un siècle après l'arrivée des troupes US en France, alors que la Première Guerre s'éternisait, nous cherchons à retrouver l'empreinte du passage des troupes américaines dans notre région.
En 1917, l'Amérique est un nain militaire, incapable d'affronter une armée aussi puissante que celle du Kaiser allemand. Pourtant, pendant des jours et des jours, des centaines de milliers de Sammies (surnom des militaires de l'Oncle Sam) vont débarquer dans les grands ports de l'Atlantique. Et lorsque se terminera le sanglant conflit, la route du retour passera à nouveau par les camps d'entraînement (training camps). Notre région accueille, dès l'armistice et jusqu'à juillet 1919, les Sammies de retour du front. Les villages de l'Aube voit passer les troupes américaines victorieuse au Saillant de St-Mihiel.



JAUCOURT (Aube)

Le général PERSHING commandant les Forces américaines en France de 1917 à 1919, QG à Chaumont (Haute-Marne) a fait une visite à Jaucourt, comme en témoignent les 9 cartes postales retrouvées, mais il y en a peut-être d’autres, car la série n’est pas numérotée.

Série de 9 CPA dessinées par Charles MAREY, graveur à Paris
Charles Gustave de Marey, né à Verneuil-sur-Avre le 22 mars 1878, mort en 1967, est un sculpteur, graveur et médailleur français. De Marey est l'élève de Denys Puech et de Marc Robert à l'Académie Julian. Il expose au Salon des artistes français de 1900 à 1914, où il obtient une troisième médaille. Il signe ses œuvres Ch.Marey.
6 juillet 2017 : Votre webmaster cherche à documenter ce sujet :
La visite à JAUCOURT du général PERSHING 1918.
Merci de toute info ou document sur ce sujet !


Charles MAREY dessine Jaucourt et la présence des "Amex".


4 août 2017 : avons appris à la mairie de Jaucourt par l'acte de mariage que : 
MAREY Charles graveur de médaille s'était marié en 1886 à Jaucourt avec Melle Marie BERTHOLLE domiciliée rue des Crêts (cf. acte de mariage). Elle  y est aussi décédée  le 11/09/1960.
D'où le lien de MAREY avec la commune de JAUCOURT. Il aurait donc exécuté les dessins, puis fait imprimer des cartes postales à compte d'auteur pour célébrer le passage du général Pershing dans la commune et des soldats américains à l'entrainement.


JAUCOURT - Visite du Général PERSHING à Jaucourt (1918)


 La CadenelleDes « Sammies » apparaissent sur au moins 5 cartes de la série de 9 retrouvées. Dont 2 avec portrait du général Pershing.


Hier et aujourd'hui

Maison baptisée "LA CADENELLE"

"Cadenelle" - Origine du nom : Fruit du genévrier : cadenelle \kad.nɛl\ féminin (Botanique) - Fruit du genévrier ou cade.  « Le cade, autre nom: Cadenelle. Les baies, deux fois plus grosses que celles de genièvre » Le Cadier, également appelé Cade, Genévrier oxycèdre, Cèdre piquant, Petit-cèdre ou encore Cadenelle, est un petit arbuste de 6 à 8 mètres de hauteur. Huile de cade, goudron pour la dermatologie vétérinaire.

mardi 1 août 2017

ATEC-TROYES : Paul MARTINET, militant anarchiste, bonnetier, puis photographe

TROYES : Café-Restaurant non situé.
Paul MARTINET (1857 Bougie Algérie), bonnetier, puis photographe, réputé anarchiste
Né le 22 mai 1857 à Bougie (Algérie) ; bonnetier puis photographe ; titulaire d’une pension militaire ; marié, père de cinq enfants ; militant anarchiste.
Paul Martinet Paul fut bonnetier, il résidait alors  133, F.G. Croncels, Troyes
Ensuite derrière son studio en bordure du canal.


Voici un exemplaire d'une remarquable série de cartes doubles, réalisées par le photographe troyen Paul Martinet entre 1908 et 1918, et représentant différents plans de Troyes sous un angle de vision d’environ 120°.

Particulièrement rares et difficiles à trouver, je n'en n'ai réuni que 9 complètes.

MARTINET Marie, Paul, Ange [Dictionnaire des anarchistes]
Guillaume Davranche
Né le 22 mai 1857 à Bougie (Algérie) ; bonnetier puis photographe ; titulaire d’une pension militaire ; marié, père de cinq enfants ; militant anarchiste.
Militant troyen, Paul Martinet n’a rien à voir avec l’anarchiste Pierre (dit Pol) Martinet*.
Titulaire d’une pension militaire, Paul Martinet fut condamné le 28 novembre 1876 à Marseille à huit jours de prison pour mendicité.
En mars 1883, il fut arrêté pour avoir reçu à Troyes un paquet de brochures antimilitaristes intitulées À l’Armée, expédiées de Paris par Émile Pouget*. Au terme du procès qui se tint les 21, 22 et 23 juin 1883 à Paris (voir Mareuil), il fut acquitté.
Paul Martinet fut membre de l’union syndicale des ouvriers et ouvrières de toutes industries pendant les années 1888-1889, et protesta contre la dissolution de l’union (voir Enfroy). Il fit également partie du groupe anarchiste entre 1890 et 1900. Il porta la contradiction à Jules Guesde* lors d’une conférence à Troyes le 21 septembre 1890, à l’occasion de laquelle Pol Martinet était venu de Paris en renfort. Le meeting prit fin lorsqu’avec leur camarade Dollet, ils montèrent à la tribune.
Le 31 mai 1892, il fut condamné à trois mois de prison et 11 francs d’amende pour outrages aux agents. Il habitait alors 133 rue du Faubourg Croncels à Troyes.

SOURCES : Arch. Dép. de l’Aube, M1052 et W628-1294. — Jean Maitron, Histoire du Mouvement anarchiste, op. cit. — Charles Chincholle, Les Survivants de la Commune, L. Boulanger éditeur, 1885. — Le Petit Parisien, 22, 23 et 24 juin 1883 — Vivien Bouhey, op. cit., annexe 24.

 Avec autorisation de M. Claude PANNETIER que nous remercions
 - Pour citer cet article : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article153939, notice MARTINET Marie, Paul, Ange [Dictionnaire des anarchistes] par Guillaume Davranche, version mise en ligne le 7 avril 2014, dernière modification le 27 septembre 2015.


A propos de Paul MARTINET


Claude Bérisé à fait paraître ce numéro de La Vie en Champagne qui lui est consacré.
Disponible aux Archives de l'Aube.



Samedi 1er novembre 1890, Réunion publique contradictoire organisée par les groupes anarchistes de Troyes source : https://placard.ficedl.info/article6915.html


Réunion publique contradictoire

Organisée par les groupes anarchistes de Troyes
Les députés du département, les conseillers municipaux de Troyes et surtout les futurs candidats sont invités.
Paul Martinet (de Troyes), traitera du suffrage universel et du parlementarisme.
Pol Martinet (de Paris), prendra pour sujet : L’autorité et la liberté ;
Leboucher (de Paris), parlera sur La science et l’anarchie ;
La citoyenne Eliska parlera sur les Gens sans aveu. Elle démontrera que ceux à qui l’on donne l’épithète de sans aveu sont les victimes de l’état social ; qu’ils ont besoin, autant que quiconque, de la révolution et qu’ils ont le droit et le devoir de se mêler au mouvement révolutionnaire. Elle démontrera encore que les vrais gens sans aveu sont les hommes que le peuple a déjà, sottement nommés et ceux qui, pour l’avenir, se préparent ses suffrages. Voir aussi : http://militants-anarchistes.info/spip.php?article12855
Le soir, à 8 h. 1/2, [
] salle 
Grande soirée
Une tombola sera tirée au profit de la fondation d’une Bibliothèque socialiste et révolutionnaire. (Premier lot : un révolver).
Martinet (de Troyes) récitera : Les Victimes [de ? / À ?] Saint-Étienne (inédit), SouvenirAux Bougeois. Il chantera : Fais-toi niveleur.
Charlux dira : La Farce électoraleGerminalLe Noël des malheureux.
D’autres révolutionnaires de Troyes diront des chants et des poésies.
La citoyenne Eliska récitera l’or.
Leboucher (de Paris) récitera : Je suis candidat, monologue satirique.
Martinet (de Paris) récitera : Les Chiens opportunistes, qu’il a composés en prison, et qui contiennent les vers suivants :
Et Carnot l’éreinté, voleur en grand cordon,
Qui de sa face raide à la France fait don,
Et promène partout sa personne livide ;
Et sa vieille Carnot, cette chienne sordide,
Qui, pour cacher sa crasse, enlève nos millions ;
Qui, de peur que le peuple élève des lions,
Entr’ouve l’Élysée, à Noël, tous les ans,
Et pose des lapins aux tout petits enfants.
À la fin de la soirée, les anarchistes chanteront en chœur : La Marche des Niveleurs.
Entrée libre et gratuite à la conférence
Les malheureux, les pauvres, les sans asile, ceux qui sortent de prison, tous ceux qu’on appelle sans aveu, tous ceux qui ont faim de pain et de vérité, toutes les victimes, tous les irrités, sont cordialement invités.
Le soir, un billet de tombola (0,50) donnera droit à une consommation
Cette feuille dit être distribuée et non affichée : les camarades qui voudraient l’afficher sont priés, pour que la « Justice » n’embête pas l’imprimeur, d’y apposer un timbre de 12 centimes.
L’imprimeur-gérant de L’Anarchie : Ch. Baudelot, 120, rue Lafayette, Paris.

source : https://placard.ficedl.info/article6915.html


~~~ooOoo~~~

PAUL MARTINET actif militant et publiciste

Martinet a publié avec son groupe dit "NIVELEURS TROYENS"

Publications du groupe communiste-anarchiste "Les Niveleurs Troyens." Election et Révolution par un Niveleur. Précédé d'une dissertation sur les principes de la Révolution : Liberté, Egalité, Fraternité
Imprimerie du Petit-Troyen, 1885

Notes : 
MOUGIN, JeanJean Mougin était membre en 1890 du groupe Les niveleurs troyens. C’est à son domicile Place Saint Nizier, qu’étaient envoyés divers colis de brochures et documents à diffuser.

DIETRICH, Arthur, né le 18 août 1874 à Illzach (Haut Rhin) - Ouvrier bonnetier – Troyes (Aube) 

Arthur Dietrich était fiché au milieu des années 1890 comme militant anarchiste à Troyes. En octobre 1896 il organisa notamment à la salle du Cirque de Troyes une conférence de Fernand Pelloutier à laquelle assistèrent près de 300 personnes. En janvier 1897 il fut avec Mathias Unterwald et Paul Martinet l’organisateur d’une réunion à Sainte Savine pour protester contre « les bourreaux espagnols » à laquelle assistèrent une trentaine de personnes.

Sources : AD Aube 1M337, 1M640 // AD Marne 30M105//
LES NIVELEURS TROYENS 
La Lutte sociale N°3 – 11 septembre 1886

journal le niveleur

En 1890, à Troyes (dép. de l'Aude) France, sortie de cet unique numéro du "Niveleur" Organe communiste-anarchiste, qui annonce un hebdomadaire qui ne verra jamais le jour. Cette initiative est due au groupe communiste-anarchiste "Les Niveleurs Troyens" qui font par là référence à Gerrard Winstanley et à la révolution anglaise.

"Nous sommes partisans de l'autonomie personnelle, partisans de la liberté pleine et entière de l'individu, mais nous savons aussi que cette liberté, cette autonomie, ne peuvent être complètes et avoir leur entier effet que dans le groupement des forces individuelles, c'est pour cela que nous nous déclarons Communistes."
" Luttant pour tous, nous comptons sur l'appui moral et matériel de tous ceux qui ont à coeur le triomphe de la liberté. Vive l'Egalité sociale! "

Election et révolution, 1885Élection et révolution / un niveleur. — Troyes : Niveleur, 1885. — 12 p.
Le périodique Le Niveleur : organe communiste-anarchiste n’a peut-être eu qu’un numéro en 1890, à Troyes (22, rue de la Voie-Chusse, Sainte-Savine).

En 1885, une brochure était déjà paru sous ce nom. Un autre journal troyen, La Révolution future, a pour sous-titre « publication socialiste éditée par les niveleurs troyens », il parait aussi vers 1890.
Le Niveleur
organe communiste-anarchiste, paraissant tous les dimanches


La Révolution futurepublication socialiste éditée par les niveleurs troyens

Aube Parution : 1890 -Voir aussi : Niveleur (1890).
~~~ooOoo~~~
Autres écrits :
MARTINET Paul (de Troyes) = MARTINET Marie-Paul-Ange, né en 1857, dit :
MARTINET Paul (de Troyes), Aux victimes de Saint-Étienne, Paris: imp. Reclus, 1891
MARTINET Paul (de Troyes), Histoire tragique des gueux, Troyes, Niveleurs troyens, 1891

MARTINET Paul (de Troyes), Souvenirs, suivi d’À propos de l’érection d’un monument aux enfants de l’Aube morts en 1870-1871, Paris: imp. Reclus, 1891
Une poésie écrite et dite par Paul MARTINET :

http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob/2015/01/histoire-tragique-de-jacques-gueux/#more-3655

Paul Martinet écrivait aussi des chansons.

Voir un article sur les activités de Paul MARTINET anarchiste sur la page :
clic sur ce titre de page

Complément reçu de Jean LEFEVRE  (3/08/2017)

Merci à Jean !

Paul Martinet est cité plusieurs fois par Michel Choquart dans la BOURSE du Travail N° 2, 12 et 14. Il tenait un journal « l’Exploité » au 39 rue Jaillant Deschainets. Et dirigeait un groupe « Les niveleurs troyens » dont l’activité consistait à insulter le Parti Ouvrier et à perturber les réunions. 
Un long article sur les anarchistes dans le N° 12.