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jeudi 27 décembre 2018

IL y a 50 ans disparaissait Jean-Marie Combier, le maître des cartes postales


IL y a 50 ans disparaissait Jean-Marie Combier, le maître des cartes postales

Marc Combier : « Le destin hors pair d’un fils d’agriculteur »

 
      
Marc Combier retrace la réussite industrielle unique de son père Jean-Marie Combier, photographe et fondateur de la CIM. Enfant de Serrières, né en 1891, Jean-Marie Combier, fils de cultivateurs, abandonne les études à l’âge de 15 ans pour se consacrer à sa passion, la photographie grâce à la complicité de l’abbé Laumorte, le curé de Serrières. Très vite, en 1908 à l’âge de 17 ans, il obtient son premier prix photographique à la suite d’un concours dans le journal parisien Ciné-Miroir intitulé « Le vulgarisateur de la photographie-Grand concours de 1907 ».

C’est à cette période qu’il installe un petit laboratoire à La Clayette et collabore avec l’imprimerie Romand de Macon pour fabriquer des cartes postales. Jean-Marie Combier photographie les fêtes, les cérémonies, les villages, les gens surtout les groupes car « l’avantage du groupe est qu’on peut vendre une carte à chaque membre », le travail aux champs et les paysages. En complément, le photographe réalise des photographies scolaires et des vues publicitaires pour Romand.
En 1914, l’homme s’installe à Macon au 10 rue de Lacretelle et créée son entreprise spécialisée dans la publication de cartes postales et la photographie scolaire.
Mobilisé en août 1914, Jean-Marie Combier est incorporé comme artilleur et emmène avec lui son matériel de photographe et saisit la vie à l’arrière pendant les accalmies, la vie de ses compagnons d’armes dans les tranchées… La fin de la guerre en novembre 1918 ne signifie pas pour autant la libération des obligations militaires qui n’interviendra qu’en mai 1919 pour Jean-Marie Combier qui s’attache à photographier les villages en ruine sur le front de la Meuse et de l’Aisne.
A son retour à Macon en 1919, il achète des presses phototypiques (procédé d'impression à l'encre grasse au moyen de gélatine bichromatée et insolée sur plaque de verre) pour imprimer des cartes postales dans l’atelier du 4 rue Agut, siège de l’entreprise depuis 1922. Cet atelier qui abritait une fabrique de pâtes (La Mâconnaise-Pâtes aux œufs frais) sera d’ailleurs acheté par Jean-Marie Combier en 1924. 
Jean-Marie Combier est un homme d’affaires averti. Il dirige la société des mutilés groupés pour l’industrie de photographies scolaires et lance une gamme de cartes postales, cadres et broches pour les photographies scolaires dont les modèles sont déposés.
Il prospecte par mailing dirait-on maintenant, par exemple auprès des curés pour les photos de communion via des cartes postales de demandes, auprès des maires pour photographier les monuments aux morts, auprès des commerçants et des industriels car il est passionné par la photographie publicitaire. Il photographie les artistes et leur propose des tarifs préférentiels. Il se passionne pour les vues panoramiques et après quelques essais, lance les « Panos ».
Dès 1925, la prospection et la couverture de l’imprimerie Combier est nationale.
Dans les années 30, l’homme cherche un procédé pour coloriser les cartes postales : le bromure colorié ou colorisation à la main des cartes postales « Bromure ». Il invente le « Photochrome de luxe » qui imite les autochromes.
En 1935, Jean-Marie Combier crée sa marque. Ce sera « CIM», acronyme de Combier Imprimeur Mâcon. L’affaire prend de plus en plus d’importance. Il acquiert alors des locaux à Crottet dans l’Ain et à Saint-Laurent. La réussite de l’entreprise lui permet d’investir dans la pierre. Il achète le château de Perthuis en 1935. Il l'utilise notamment pour loger quelques-uns de ses salariés et produire, sur les six hectares de vignes, un vin mousseux qu'il nomme « Mousseline ». Les employés font les vendanges durant les congés annuels en septembre et la production est en partie offerte comme cadeau de fin d'année aux clients des cartes postales et utilisée localement lors de toutes les occasions festives notamment familiales et sociales.
La période de la guerre 39-45 est une période où la production de cartes postales est réduite. Seul reste le personnel féminin qui reproduit des cartes à l’effigie du Général Pétain ou de Maginot, des cartes fantaisies destinées principalement aux soldats sur le front et aux prisonniers. Et surtout, il y a une pénurie de papier.
Dès la guerre terminée, l’entreprise est équipée en offset et l’impression en couleurs naturelles débutent. En 1949, Jean-Marie Combier rachète deux puis trois avions Piper abandonnés par l’armée américaine et se lance dans la photographie aérienne. Dans les années 50, CIM devient le spécialiste de la vue aérienne et couvre 90% des communes françaises.  Dans les années 60, l’entreprise atteint son 
apogée avec plus de 80 millions de cartes postales par an.


  
Au décès de Jean-Marie Combier en 1968, sa seconde épouse et leurs deux fils Bernard et Marc assurent la continuation de son œuvre jusqu’à la vente de l’entreprise en 1984.
Le fonds Combier soit 1 million et demi de cartes postales et négatifs a fait l’objet d’une donation par Marc Combier, en 1974 au Musée Nicéphore Niépce dirigé alors par M. Paul Jay qui a honoré de sa présence cette soirée consacrée à l’imprimeur-éditeur mâconnais.
Voir sur ce sujet la communication écrite ATEC, épuisée : LES EDITIONS AERIENNES COMBIER, de janvier 2001

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